Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Dialogue congruent.

Publié par konrad sur 13 Avril 2014, 16:56pm

Catégories : #Ma prose en 2014

Dialogue congruent.

 - Bonjour madame Timoxena, comment allez-vous par cette belle journée ?

- Très bien monsieur Théophraste, et vous même ?

- Très bien merci, dites-moi vous avez de beaux bégonias là

- Oui, ils ont bien donné cette année, ainsi que mes hortensias.

- Cela me donne l'idée que j'aimerais que tous les jours se déroulent comme celui-ci ?

- Vous voulez dire dans un éternel retour, ne serait-ce pas ennuyeux ?

- Ennuyeux ?! Une si belle journée, calme, paisible, harmonieuse... ?

- Je vous l'accorde mais manger toujours le même plat fini par vous rester sur l'estomac.

- Vous avez raison, il nous faudrait au préalable gommer toute mémoire, ainsi nous pourrions revivre cette journée comme un disque rayé rejoue sans cesse le même air.

- Admettons mais cela n'aurait aucun sens.

- Voilà le drame et la grandeur de l'être humain. Il lui faut toujours donner du sens à tout, quitte à en inventer ou à le forcer. Sans direction il est perdu et ne sait comment se diriger.

Mais trêve de philosophie je dois aller m'occuper de la chatte de ma femme.

- Il vous reste de saines occupations.

- Figurez-vous qu'elle vient d'adopter une chatte qui errait dans la maison, sans mon consentement, je suis allergique aux poils de chat. De surcroît elle vient de raser les poils de sa chatte, parce que cela fait plus moderne d'après une de ses lectures, et ainsi je ne serais plus indisposé par ses poils.

- Je vous le demande madame Timoxena, iriez-vous par altruisme, jusqu'à raser les poils de votre chatte ?

- Oh ! vous savez à mon âge on n'a de familiarité qu'avec soi-même et pour unique compagnie les souvenirs qui s’effilochent qu'il faut ravauder à longueur de temps.

Et vous savez, sans mémoire l'imagination flétrit. Et sans imagination je vous le demande, si la vie vaut l'attachement qu'on lui accorde ?

- Ah ! l'attachement est le voile de l'ignorance qui nous empêche de voir la vacuité de l'existence...

- Mais dites-moi ce ne sont pas des glaïeuls là ?

- Non ce sont des hélianthèmes, je les ai plantés ce printemps car ils éloignent les moustiques et les cafards.

- Voilà un beau témoignage d'optimisme. Bonne journée madame Timoxena.

- Vous de même monsieur Théophraste.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
D'où ça vient ça ????
Répondre

Archives