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Journal d’un métaphysicien de passage

Journal d’un métaphysicien de passage

Déambulation itinérante parmi des lectures, des idées, des rencontres, des sensations à propos du sens, du qui suis-je, où vais-je et autres billevesées.


Résonance intuitive et raisonnement discursif.

Publié par konrad sur 9 Décembre 2015, 20:13pm

Catégories : #Eveil, #Jourdain

Vassily kandinsky.

Vassily kandinsky.

(…) Il y a quelque chose de très simple qu’à partir de maintenant je vais demander à quiconque vient me voir : « Faites-moi, avec le maximum de sincérité et de courage, la liste de tous vos préjugés. Du plus petit, du plus modeste, au plus redoutable, au plus philosophique. » 
   Un. Ça, déjà, c’est une bonne chose. « Et puis, faites-moi la liste de toutes vos ambitions, de tous vos désirs, de tout ce qui fait, à vos propres yeux, que vous cherchez quelque chose, vous, être vivant : faites la liste de toutes vos aspirations, et après ça demandez-vous si ces aspirations sont vôtres ou celles d’un moi défunt. » 
   Si ce sont celles d’un moi disparu, pfutt ! Vous devez les considérer comme néant pur. Un désir sans sujet c’est vraiment l’image la plus parfaite du néant ! 
   Il ne s’agit pas de le faire dans un esprit de méchanceté, pour s’enfoncer des clous dans l’âme, ce n’est pas de la flagellation. Il faut impérativement, en soi-même, dans ce fameux dedans de soi-même, faire la discrimination entre la chair vivante et la corne. 
   Or, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, la chair vivante va toujours produire de la corne. Même l’éveil, qui est la chair vivante par excellence, va produire cette corne qu’est la pensée de l’éveil. 
   Il n’y a rien à faire, nous produisons de la corne. Il faut être au courant du phénomène – il ne faut pas s’en vouloir, il faut toujours être très gentil et bienveillant avec soi-même, très fraternel – et se dire : « Est-ce que je n’ai pas fait une erreur, est-ce que je n’ai pas laissé s’accumuler des saletés dans un coin de ma maison ? Je crois que c’est de la peau vivante mais après tout peut-être que c’est de la corne ? » 
   Et puis on prend un racloir, on peut peut-être se couper un peu – qu’est-ce que ça peut foutre, ce n’est pas grave – mais on ne peut pas laisser en soi des cadavres ! Je suppose que tout le monde a des cadavres en soi. 
   Je pense que c’est un phénomène universel, mais selon les personnes il y en a plus ou moins.
 
Stephen Jourdain. La parole décapante.
Entretiens réalisés par Charles Antoni.

Charles Antoni L’Originel.

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