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Journal d’un métaphysicien de passage

Journal d’un métaphysicien de passage

Déambulation itinérante parmi des lectures, des idées, des rencontres, des sensations à propos du sens, du qui suis-je, où vais-je et autres billevesées.


Le Fougre de Radipac.

Publié par konrad sur 28 Février 2016, 14:16pm

Catégories : #Ma prose en 2016

Le Fougre de Radipac.

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume. Une odeur pestilentielle sature l'air et l'ambiance. Le règne du fric, la course à la compétitivité, le culte du profit et de la marchandisation gangrènent le monde. Les riches sont de plus en plus riches tandis que les miséreux toujours plus nombreux crèvent dans le silence de leur anonymat.

Les disparités grandissantes, les scandales financiers, les choquantes manoeuvres des grandes entreprises face à l'impôt n'émeuvent plus tant est normalisée la corruption du système. L'hubris règne en maître.

Les hommes politiques, normalement élus pour réguler et légiférer le bon fonctionnement de la société, dans leur pathétique obsolescence gesticulent tels des pantins sans âme. Ils n'ont pas de vision, de projet, de rêve, juste l'ambition de garder leur poste. Les jeunes qui montent ont des discours de vieux et leur réthorique habillée de novlangue a pour seul usage de vider la substance vitale des mots. Ils enfument l'espace d'idées creuses, de concepts éculés que quelques sots reprennent en mantra. Les vieux dont la moralité n'est même plus un souvenir exhibent leur non-lieu tel un malfrat ses tatouages, en signe d'une campagne réussie. Si nous enlevions tous ceux qui sont cités dans une affaire en plus de tous ceux qui cumulent pour leur unique profit, nous compterions sur les doigts de la main ceux qui restent !

Comment ne pas être dégoûté par tant d'iniquité ? Par tant d'affaires et de scandales qui aclaboussent la vie politique sans jamais mouiller personne ? Comment ne pas être indigné par l'impuissance complice de ceux dont l'ambition est de changer les choses ? Comment ne pas être choqué par l'entre-soi de cette caste qui n'a pour but que la préservation de ses intérêts ?

Que demander sinon l'utopie d'un peu de justice et d'honnêteté ? Chose vaine tant chacun a fait de l'habitude à cautioner sinon encourager cet état une seconde nature. Pour se convaincre de cet état délétère il suffit de consulter les dernières unes presques unanimes des quotidiens nationaux sur la sortie du film de Caprio ! Evènement majeur de l'actualité. Ce coupable déni de réalité montre bien l'étendue du désastre dans lequel nage l'élite et dont elle ne cache même plus l'indécence.

Le fruit est mûr, souhaitons qu'il tombe au plus vite. Mieux vaut tout jeter car il ne reste plus grand chose à garder. Par quoi commencer ? Par exemple ne plus voter. Eriger l'abstention en slogan de désobéissance civique. Imaginons qu'à la prochaine élection présidentielle il y ait 80% d'abstention. Cela invaliderait de facto l'élection et aucun candidat ne pourrait se prévaloir d'une quelconque victoire. Ce serait même un camouflet pour l'ambitieux.

Ce serait une façon de dire que l'on cesse de se laisser manipuler comme un mouton et abuser comme un dupe dans un jeu conduit au seul profit de gens avides de pouvoir.

Voilà résumée mon indignation du moment qui dure déjà depuis un certain temps. Je pense que dans les grandes lignes cela correspond plus ou moins à ce qui flotte dans l'air du temps. Trop de gens sont désabusés il est temps de changer non seulement le décors mais tout le plateau car sinon nous courons le risque de voir le pire s'inviter dans le jeu. Il n'est qu'à voir aux Etats-unis le poids que prend Trump dans le camp des républicains. Si cela peut prêter à sourire superficiellement il n'est pas de bonne augure de voir pareil personnage arriver à la tête de ce pays. Sommes-nous assez lucide pour inverser le cours des choses ? La question est urgente et la réponse collective.

Moi-même.

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