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Journal d’un métaphysicien de passage

Journal d’un métaphysicien de passage

Déambulation itinérante parmi des lectures, des idées, des rencontres, des sensations à propos du sens, du qui suis-je, où vais-je et autres billevesées.


Chroniques d'un métaphysicien pas sage I.

Publié par konrad sur 19 Août 2017, 16:26pm

Catégories : #Ma prose en 2017

Moebius. Dessinateur.

Moebius. Dessinateur.

J'étais jeune et enthousiaste, avide d'expériences spirituelles et de sensations nouvelles. C'est ainsi qu'au début des années 80 je rencontrais un groupe qui partageait les mêmes aspirations. Ce fut le début d'une histoire qui dura plusieurs années.

Nous nous considérions comme des aventuriers de l'esprit explorant les territoires de la conscience avec la morgue propre à ceux qui s'estiment invulnérables. Notre vie en commun était dédiée à cette quête et nos forces conjuguées nous permettaient d'atteindre les cimes exaltantes d'où l'on embrasse d'un seul regard la plénitude de la vie.

 

Aujourd'hui je ne suis plus dans ce groupe. J'ai retrouvé une vie qu'à l'époque je considérais avec dédain, celle ordinaire où l'on accompli avec plus ou moins de bonheur sa responsabilité.

J'en profite pour faire le point, valider certains principes et me débarrasser de quelques erreurs ou malentendus. L'une de ces erreurs est de vouloir s’approprier l'origine de l'expérience. Lorsque l'on a vécu un instant où Éden ouvre grand ses portes et nous inonde de sa magnificence, comment ne pas vaciller face à un tel événement, comment ne pas mettre un pied, par un réflexe naturel, dans la porte pour la garder ouverte. Pour faire en sorte que cet état dure encore et toujours, qu'il ne déserte pas notre nature incomplète.

Ce faisant, cette effraction est lourde de conséquence ; elle transforme l'or spirituel en plomb de nostalgie.

Dès lors tous nos efforts s'emploient à rejouer la scène primordiale pour revivre l'état de félicité. Mais ce ne sont pas les quelques gouttes qui s'évaporent à peine nos lèvres touchées qui feront illusion. L'absolue liberté de l'esprit est de souffler quand il veut et ce n'est pas notre volonté qui peut le soumettre.

En poursuivant cette illusion que le but à atteindre est toujours devant soi, et non pas en soi, on crée des situations toujours plus contraignantes pour forcer le retour du paradis. Mais on ne fait que renforcer le regret et le ressentiment, car non seulement jamais il ne revient de la sorte mais en plus on comprend que l'on perd de sa liberté et qu'on s'éloigne de ce que l'on cherchait à atteindre.

 

Moi-même.

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