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Journal d’un métaphysicien de passage

Journal d’un métaphysicien de passage

Déambulation itinérante parmi des lectures, des idées, des rencontres, des sensations à propos du sens, du qui suis-je, où vais-je et autres billevesées.


État d'Esprit.

Publié par konrad sur 6 Août 2017, 17:43pm

Catégories : #Ma prose en 2017

Matt Anderson. Photographe.

Matt Anderson. Photographe.

J'ai longtemps pensé que m'engager dans une voie spirituelle devait nécessairement me rendre la vie plus facile. Que les soucis s’effaceraient comme la brume du matin, que les difficultés s'aplaniraient comme la mer rouge devant Moïse et que les tracas du quotidien n’oseraient aborder la nature toute spirituelle à laquelle je me croyais consacré. Tout le chemin devait être assaini par la simple évidence que le ciel rétribue le juste et accable le vil matérialiste dans une logique toute naturelle. Cette superstition, longtemps véhiculée dans les religions, est difficile à éradiquer. Encore aujourd'hui lorsque j'achète un billet de loto je demande secrètement à Dieu la faveur de m'accorder le gros lot. Bien entendu celui-ci reste sourd à mes doléances et c'est tout dépité que je vais fouiller dans les poches de mon paletot juste de quoi me payer un café.

 

Cette pensée de rétribution, qui cache mal un orgueil spirituel et une sorte de matérialisme, est à sortir de sa tête de toute urgence car elle entretient l'idée d'une récompense et l'illusion d'une délivrance. Elle justifie le fait d'adhérer à une pratique spirituelle ou méditative avec le secret espoir de voir sa vie transformée en une radieuse promenade de santé. Cette inversion de valeur, cette vision mécaniste de l'univers est source de dépit et de déconvenues.

 

Si parfois la grâce ou des extases traversent le ciel de l'existence, elles ne sont que des conséquences, des effets et ne pèsent rien sur le quotidien de nos vies humaines. Ne doivent rien peser sinon elles perdent leur statut et se chosifient. Il faut leur sourire et les laisser passer sans tenter de leur soutirer un surcroît de félicité car alors on commet une erreur dommageable. Celle de faire de « Dieu » ou de « l'éveil » ou de la « conscience » une chose , un objet à la merci de notre vouloir. Dès lors, «  Dieu » enfermé dans notre vanité perd sa liberté, sa liberté même de s'oublier en nous afin de nous laisser croire à notre propre liberté.

 

Le spirituel change tout et ne change rien. Partant de cette maxime il faut poursuivre sans rien attendre de son efficience sur nos vies humaine. Il s'agit de reconnaître notre nature immatérielle dans cette condition d'incarnation, non pas en quémandant, ce qui est impossible, une quelconque rémission mais en veillant à la rendre prédominante dans les pensées et les actes de nos vies.

 

Moi-même.

 

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Berthemy 07/08/2017 13:29

Formidable, ça fait du bien.

konrad 08/08/2017 06:16

Merci pour ton commentaire encourageant.
Cordialement.

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