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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Asthénie passagère.

Publié par konrad sur 16 Mai 2010, 09:02am

Catégories : #Ma prose en 2010

Le travail physique, la vie de chantier, consomme et consume toute l’énergie vitale disponible.

Terrain vague où le corps est laminé, fourbu tandis que l’âme vidée titube en quête d’un grabat.

La matière est une maitresse exigeante, elle engage un corps à corps quotidien duquel on ressort rarement indemne.

Elle comprime tant le psychisme, que la pensée s’enfuit au loin inaccessible, ou bien s’égare dans des choses stériles et futiles.

 

Après plusieurs jours de ce traitement l’on est brassé comme une bouteille de vin dont la lie remonte à la surface.

J’y vois le reflet de mes profondeurs, des images chargées d’horreur et de peine.

Mon visage abimé d’un rictus grimaçant est méconnaissable.

L’affliction, le tourment, le dépit, la colère, le dégoût se disputent dans ce cloaque où la civilité est souvent absente.

Ici c’est le règne de la brute, des forces primaires, où celui qui burine le plus fort à une chance de voir la matière s’offrir à lui.

Mais à ce jeu elle est toujours gagnante car elle se nourrit de tous les fluides.

Il vaut mieux ne pas s’attacher à elle, le prix est trop lourd.

 

Cette tempête, car s’en est une tant les forces en présence sont grandes, sur laquelle je n’ai aucun pouvoir, finit par me déposer sur une grève, vidé, anéanti.

Je me retrouve abasourdi et j’ai besoin d’un temps silencieux et solitaire pour que ce vide se vide de tout ce qui le remplit.

C’est un temps de décantation durant lequel les éléments trop lourds retournent par gravité d’où ils viennent et où ne restent que les éléments digérables, les sels minéraux nécessaires.

 

Néanmoins je fais attention à ce qu’il n’y ait pas de déséquilibre.

On ne plonge pas impunément dans le monde de la puissance sans être assuré de l'état de sa conscience.

Il s’agit de surveiller son monde intérieur, son rythme et d’en connaitre les limites.

 

Je fais le lien entre toutes ces images de moi et je tache de reconstituer le puzzle.

C’est que la figure totale n’est pas qu’un corps physique, c’est aussi tout l’invisible de l’âme et l’impondérable de l’esprit, dont il faut tenir compte.

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