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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Psychanalyse.

Publié par konrad sur 9 Mai 2010, 17:10pm

Catégories : #Pensées originales.

Le dernier livre de Michel Onfray sur Freud, que je n’ai pas lu, déclenche la polémique.

N’ayant rien à voir, de près ou de loin, avec la psychanalyse, je me sens totalement étranger à cette agitation.

Néanmoins, il y a deux jours je suis " tombé " sur ce texte de l’abbé Henry Stéphane à propos de la psychanalyse, paru dans : " Introduction à l'ésotérisme chrétien ". tome II. Dervy-livres éditions.

Son point de vue sur la question, selon une perspective métaphysique, offre au lecteur une pensée originale et pertinente.

Ce texte semble avoir été écrit dans les années 1942-43.

Depuis cette époque des avancées ont été faites mais la teneur des notions restent d’une étonnante actualité et peuvent contribuer à éclairer le sujet.

 

" Pour situer la psychologie moderne à son niveau exact, il convient d’utiliser une anthropologie traditionnelle qui dépasse les cadres habituels de l’enseignement courant.

Si l’on se contente de la dualité " corps-âme ", on est obligé de faire rentrer dans l’âme tout ce qui n’est pas corporel, et les distinctions essentielles n’apparaissent pas.

La distinction " tripartite " entre " corps, âme, et esprit " (soma, psyché, noûs ) permet déjà d’éviter une confusion fréquemment commise entre le psychisme et le spirituel.

Mais pour ce qui nous intéresse ici, il est essentiel de distinguer dans la psychê trois niveaux différents : le psychisme inférieur, auquel correspond le subconscient ou l’inconscient des modernes, le psychisme supérieur, ou le supraconscient, ignoré des modernes, et auquel doivent être rapportés, par exemple, les " états mystiques " ; et enfin, entre les deux, ce qu’on peut appeler le domaine de la psychologie courante.

 

Ces trois domaines correspondent exactement, dans la constitution de l’être humain, à la théorie hindoue des trois " guna " qui désignent les tendances fondamentales de l’être : " tamas  " ou l’obscurité, qui est la " tendance descendante " et qui, au niveau de la psychê, correspond au " psychisme inférieur " ou au subconscient : " sattva  " ou à la lumière, qui est " la tendance ascendante " par laquelle l’être tend à se conformer à la lumière intelligible, et qui correspond au psychisme supérieur ou au supra-conscient ; entre les deux, " rajas ", au niveau de la psychologie ordinaire et qui correspond au domaine de l’action et de la passion, l’amour par exemple.

 

Notons en passant qui rien de ce qui est " tamasique " n’est susceptible d’intégration au niveau du spirituel, et doit être rejeté purement et simplement, par exemple le " doute obscur " (le soupçon), tandis que rajas (la passion, l’amour) et sattva (la connaissance) peuvent être intégrés au niveau du spirituel dans l’Amour mystique et dans la Connaissance métaphysique.

 

On conçoit alors immédiatement qu’une anthropologie " freudienne ", qui ne tient compte que du corporel et du psychisme inférieur, et qui ignore systématiquement tout le reste, soit radicalement fausse, et ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle " psychologie des profondeurs ", par opposition à la " psychologie des hauteurs " qui correspond à la " psychologie des mystiques " ; on comprend aussi que les partisans de la " psychologie des profondeurs " aient tendance à  tout ramener au " subconscient ".

Il en résulte en particulier les " théories psychanalytiques " de la religion et du symbolisme traditionnel (Jung).

 

Pour un esprit " archaïque " ces théories sont radicalement fausses, mais les modernes, dont la mentalité est essentiellement antitraditionnelle ou antimétaphysique, ne peuvent pas le comprendre.

 

Dès lors le dialogue entre les uns et les autres est théoriquement impossible, les traditionnalistes se tenant au niveau des principes (que les modernes considèrent évidemment comme une " aliénation ") et les modernes (scientistes, positivistes, empiristes, etc.) n’ayant de considération que pour les phénomènes et les faits observables.

Pourtant les traditionnalistes peuvent faire aux autres, en se plaçant sur leur terrain, un certain nombre de remarques, susceptibles d’attirer leur attention.

 

Il y a d’abord la déclaration particulièrement significative de Freud qui a placé en tête de sa Traumdeutung  [1] cette épigraphe : " Flectere si nequero superos, Acheronta movebo " [2] (Virgile, Énéide VII, 312).

 

Ce propos délibéré d’explorer l’ " infernal ", faute de pouvoir fléchir le " céleste " ne laisse guère de doute sur le caractère sinistre de son projet.

Mais il est intéressant de noter que cette citation confirme à sa manière la distinction que nous avons faite entre le psychisme inférieur et le psychisme supérieur ; Freud reconnait l’existence de ce dernier, tout en renonçant à " l’explorer ".

 

On prévoit alors les conséquences qui en résultent pour les malades qui se soumettent à un traitement psychanalytique : voilà un être, psychiquement faible par hypothèse, qui s’abandonne passivement entre les mains d’un psychanalyste, afin d’amener à la surface de sa " conscience claire " tout le contenu de ces " bas-fonds " de l’être qui forment ce qu’on appelle précisément le " subconscient ".

Ce malade risque alors de sombrer irrémédiablement dans ce chaos de forces ténébreuses imprudemment déchainées, et ce risque est d’autant plus grand que les praticiens, qui ne sont que des  " empiristes ", agissent comme des " apprentis sorciers " qui ignorent ce qu’ils vont trouver.

 

Quand aux " guérisons " qu’ils obtiennent, non seulement elles sont compensées par de nombreux échecs, mais elles ne prouvent absolument rien, car les suites ultérieures du traitement subi sont imprévisibles en raison même du caractère empirique de la méthode.

Mais nous pouvons affirmer que ce n’est pas impunément qu’on peut Acheronta movere !

Il y aurait d’autres remarques à faire sur le caractère suspect de la psychanalyse.

Signalons seulement le coté généralement ignoble et répugnant des interprétations psychanalytiques où la sexualité intervient constamment, ce qui constitue pour nous une " marque " qui ne saurait tromper.

Enfin nous poserons une question, fort indiscrète sans doute : par qui les premiers psychanalystes ont-ils bien pu être " psychanalysés " eux-mêmes, et de qui tenaient-ils les " pouvoirs " qu’ils ont communiqués à leurs disciples. "

 

[1] - " Clé des songes " ou " interprétation des rêves ", selon le titre allemand ou selon le titre utilisé   dans la traduction française de cet ouvrage de Freud paru en 1900.

[2] - La phrase latine signifie : " Si je ne peux fléchir les puissances d’en haut, je remuerai l’Achéron, c'est-à-dire les enfers. "

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