Mon esprit est si mal isolé qu'il me faut sans cesse l'alimenter.
J'enfourne par brassées entières des paquets de mots et d'images.
Livres, journaux, films, tout ce qui passe va dans le brasier.
Mais cela brûle si vite que la chaleur s'évapore en flammèches.
Sitôt les cendres tiédies je dois remplir l'âtre de combustible,
De peur que le silence n'étouffe le crépitement des flammes
Et m'envahisse de son inquiétante familiarité.
Moi-même.
