Le soleil baille ce matin, il a la gueule bois d'avoir bruyamment festoyé ces derniers jours. Il a cuit nos peaux fragiles, desséché nos langues et fatigué nos esprits. Rendors-toi, soleil, abrites-toi derrière les nuages et ne nous tourmente plus. Des oracles disent que tu vas briller et chauffer de la sorte de plus en plus souvent, tu vas porter tes rayons à incandescence, tandis que nos pleurs s’assècheront avant que tu les entendes. Étrangement nous regardons ces "épisodes" sans réagir, sans vraiment les voir et en mesurer les conséquences. Malgré les alertes nous restons apathiques comme le lapin subjugué par les phares d'une voiture. O astre de vie, que te prend-il de tourner ton courroux ainsi ? Quel avertissement veux-tu nous signifier ? La course des planètes a une trajectoire qui nous échappe. Nous sommes des créatures éphémères qui ne voient le temps qu'à travers de minuscules objectifs. L'essentiel nous échappe et nous ignore.
Moi-même.