" Que la montagne est belle " Jean Ferrat.
La nature est le terrain privilégié de notre imaginaire, l’inspiratrice de nos rêves.
Sa féconde beauté stimule nos désirs et sa contemplation délivre nos âmes d’une abstruse cécité.
Les cimes sont une invite au dépassement de notre condition humaine soumise à la pesanteur, une incitation à l’arrachement urgent de l’inertie qui nous cloue à nos habitudes.
Les pieds sur les crêtes, la tête dans les étoiles, nous réenchantons le monde.
L’hymne que chante la terre résonne en notre cœur et nous met au diapason d’une mélodie cosmique qui nous relie à la permanence.
Elle est un baume sur la plaie de notre inquiétude.
Chacun est à même de ressentir la beauté de la nature et de l’interpréter selon sa sensibilité.
Sur ce chemin la joie n’est jamais étrangère, le plaisir toujours convoqué, le sublime souvent présent et le drame jamais bien loin, comme pour souligner le caractère tragique et fugace de l’existence.
C’est ce que relate le film " Sur le fil des 4000 " de Gilles Chapaz dont est tiré l’extrait ci-dessous.
Ce documentaire de 52 minutes retrace le voyage de deux grimpeurs chevronnés, amoureux de la montagne, qui avaient pour ambition de gravir les 4000 du massif alpin.
L’histoire se terminera avec la chute de Patrick Berhault, qui dévissera alors qu’ils avaient déjà parcouru la majorité des pics.
Mais ici point de larmes, le film est d’une grande pudeur, ne s’attachant qu’à deux individus en prise avec la montagne dont l’enjeu reste une aventure humaine.
Voici ce qu’écrivait Patrick Berhault à propos du courage :
" Sachant que tout a sa raison d’être et que chaque évènement sert à nous faire évoluer, j’ai le courage d’aller jusqu’au bout de mes démarches, spirituelles comme matérielles, car je suis confiant d’avoir de bons résultats.
L’étincelle divine qui m’anime sait ce qui est bon pour moi.
Je la laisse guider tous mes pas. Je ne m’oppose pas à sa volonté et je tiens bon, coûte que coûte."