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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Pour une réforme de l'enseignement.

Publié par konrad sur 12 Juin 2013, 20:24pm

Catégories : #Livres

 (...) "Les âshram constituent dans l’enfer social et climatique de l’Inde des oasis de vraie vie.

Mais ne les croyez pas des occasions de fuite, des refuges artificiels, des paradis imaginaires ; ils sont lieux de travail, laboratoires d’âmes.

Ceux qui y séjournent ne sont point parfaits ; s’ils l’étaient, ils ne seraient point là. Mais ils ne s’acceptent pas tout à fait comme ils sont. Et pour s’améliorer, ils sont prêts à payer le prix de sacrifices inimaginables : pour obtenir le Tout, il faut tout donner.

L’entrée dans notre bassesse n’a rien de très agréable : il nous répugne de quitter les blandices de la surface pour nous opposer à nous-mêmes ; et pourtant – tous les enseignements initiatiques l’affirment -, il faut passer par cette " porte étroite ", si nous voulons déboucher sur une existence plus vaste, où la Vérité nous soit perceptible et supportable.

Cet apparent emprisonnement est le premier pas vers la liberté.

   Pour tenter la grande expérience se portent candidats des jeunes gens, des vieillards, des femmes, des hommes mûrs et même des enfants, des curieux qui n’y croyaient pas, des savants et des illettrés, des névropathes, des saints d’esprit, des artistes – chacun totalement différent de tous les autres, et tous reliés ensemble par la même chaine d’or. Avec tous les âges se retrouvent tous les tempéraments, toutes les nationalités, tous les niveaux sociaux et culturels, ceux qui adorent Dieu dans une forme et ceux qui voient en Lui un Principe impersonnel.

   Aucune de ces différences n’entre ici en jeu. Mais l’incroyable, l’extraordinaire, c’est que cette humanité-là existe, quand chacun se croyait seul dans sa quête : une humanité beaucoup plus nombreuse qu’on ne pouvait espérer, où le mot " fraternité " commence à signifier quelque chose. C’est, plus encore, qu’existe ce monde dont nous avions rêvé sans oser y croire, où l’homme n’en veut pas à l’homme d’être différent, où le voisin travaille à ne pas envier son voisin, où le sourire qu’on vous adresse n’est pas empoisonné, où ce qui fait les intérêts, les concurrences, les vulgarités qui s’affrontent ailleurs, ne trouvent point de place ; dont les bases mêmes sont à l’exact opposé de celles sur lesquelles reposent nos systèmes de répressions, suggestions et asservissements… Il suffit de le chercher.

Les adresses ne figurent nulle part ; elles sont rares, même en Inde.

Mais s’il est dans votre destin de rencontrer un âshram sur votre route, et si vous devez même y reconnaitre votre maitre, cela se fera indubitablement, aussi contraires que soient les circonstances apparentes."(...)

Jean Biès. Les chemins de la ferveur. Voyage en Inde. Terre du ciel édition.

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