Moi-même.
Ipséité
Malgré toutes mes dénégations force m'est de constater que je ne suis pas libre. Je suis plein de préjugés, d'habitudes de penser et de conformisme.
Cela me statufie et me conditionne dans un ersatz de vie.
Mais en-deçà gît une peur qui me colle à la peau. La peur de perdre ce que je pense être. Le monde de références qui me servent de repères auxquels je suis attaché, quoique je m'en défende, a fini par me faire croire à sa réalité.
J'y tiens comme on peut tenir à sa condition d'esclave à force d'habitude et d'identification. Cette apparence solide renforce son pouvoir par ma propre sollicitude.
Comme je n'ai pas l'audace de rompre ce lien je me tiens coi dans l'ombre de moi-même.
Pourtant intuitivement je sais être mon propre geôlier. Qu'il ne tient par je ne sais quelle action de m'échapper.
Mais ce paradoxe est lui-même ma prison.
Et entre ces quatre murs que je me suis bâti avec complaisance et constance je rêve du dehors collé à la fenêtre tandis que la porte est grande ouverte.
Je m'endors sur ce grabat avec la conscience trouble de celui qui agît en toute bonne foi sous l'impulsion d'une autorité qui n'est pas la sienne...
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