Je traîne un vieux sac, tel un saltimbanque, plein de vieilles cochonneries.
Propos atrabilaire.
Un bric à brac de violence, de mal et de coups portés sur la pourriture du monde.
J'ai toutes ces horreurs dans mon âme, prêtes à l'usage à la moindre sollicitation imaginaire.
A peine l'iniquité pointe son nez que ça dégueule du fond de mon estomac, ça cogne, ça mitraille dans le tas à coup de latte jusqu’à extermination.
A l'abordage et pas de quartier ! Faut que ça crève sans rémission !
Un shoot d'adrénaline me laisse sur le carreau, vidé, exsangue.
Las et dépité.
Cette horreur m'appartient-elle ?!
J'ai beau me frotter la peau, gratter mes yeux ou la chasser d'un revers de main, rien n'y fait elle glisse se réfugier dans un sinistre fond obscur.
Une intuition, à moins que ce ne soit mon imagination, me suggère qu'il y a au cœur de cette destruction, au tréfonds de cet abyme, une minuscule étincelle presque invisible mais capable sous l'effet d'une force héroïque de rédempter cette puissance terrifiante en céleste lumière.
Mais ma carcasse devenue avec le temps trop incrédule n'a aucun courage à opposer. J'ai abdiqué à cette présence familière sans laquelle probablement il me manquerait quelque chose d'indéfinissable...
Alors je trimbale ce sac et je peste contre son poids.
Moi-même.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article