" Il y a de la mort dans la vie et cela m’étonne qu’on prétende l’ignorer. La mort, dont nous éprouvons l’impitoyable présence dans chaque changement auquel nous survivons parce qu’il faut apprendre à mourir lentement.
Propos sur la mort.
Il faut apprendre à mourir, voilà toute la vie. De préparer de loin le chef-d’œuvre d’une mort fière et suprême, d’une mort où le hasard n’est pour rien, d’une mort bien faite, bien heureuse, enthousiaste comme les saints ont su la former, d’une mort nourrie longuement, qui efface d’elle-même son nom odieux, n’étant qu’un geste qui rend à l’univers anonyme les lois reconnues et sauvées d’une vie intensément accomplie.
C’est cette idée de la mort qui s’est développée en moi douloureusement d’expérience en expérience depuis mon enfance, qui m’ordonne de supporter la petite mort humblement pour devenir digne de celle qui nous veut grands."
Rainer Maria Rilke. Fragment de Correspondance.
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