La nasse qui caractérise le mode de gestion des manifestations gilets jaunes a ceci de paradoxal qu'elle génère la violence qu'elle prétend contrôler. Encadrés et contenus par des forces de l'ordre en nombre disproportionné qui bloquent les rues adjacentes interdisant toute liberté de sortir, les manifestants sont rendus plus inquiets et tendus. Les gaz lacrymogènes et les grenades de désencerclement lancés intempestivement rajoutent à la tension.
Un autre paradoxe de ce type de gestion des manifestations, qui ne peut conduire qu'à l'échec et au tragique, c'est que précisément la revendication des manifestants est de sortir de la nasse ! Nasse fiscale, nasse de la non représentativité, nasse du déclassement et de la paupérisation...
J'en rajoute d'autres, analogues, nasse du matérialisme techno/structure abstrait dé-naturé, nasse des calculs algorithmiques et de l'intelligence artificielle, nasse des objectifs de compétitivité, nasse du travail et de l'horizon du plein emploi, nasse des pensées qui n'envisagent pas d'autres voies…
En conclusion, la nasse c'est le piège et ça n'est surtout pas la solution. C'est pourquoi, à mon avis, le mouvement n'est pas prêt de s'arrêter ni même de se calmer. A moins d'un surgissement, d'une disrupture, d'une bifurcation toujours possible...
Moi-même.