C'est en voyant à la télé, médusé, Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil, deux figures plutôt sympathiques de mai 68 soutenir Macron, que je me suis soudain rendu compte des ravages du temps. Comment en sont-ils arrivés là ? Par quel désastre ont-ils pu dériver de la sorte, naufragés d'une époque déjà lointaine.
J'ai crains un instant devenir ainsi ; une caricature volatile dans l'air du temps, dans une époque de liquéfaction où tout se vaut et se confond. Misère et symptôme d'une culture si déliquescente qu'elle ne se voit même plus sombrer dans le ridicule et le grotesque. (Il suffit pour s'en convaincre de voir le tweet vidéo de la porte parole du gouvernement, Sibeth Ndyaie lancer la coupe du monde féminine de foot.)
Aussi, pour me convaincre que je n'étais pas encore sénile, même si je soliloque en tout temps, je me suis regardé dans la glace. Horreur et consternation ! Certes je somnole, n'empêche, j'ai perdu de ma fraîcheur.
Cette figure, qui n'est pas mon meilleur coté, n'est pas à mon avantage mais de loin je préfère cette image à l'état de dégénérescence avancé des sus-nommés. Je tiens à me préserver de ce funeste destin, aussi j'atteste et confirme qu'au moindre signe précurseur de cette disgrâce l'on m'épargne les soins intensifs et autre sustentation artificielle. Mieux vaut partir avec dignité que d'assister à sa décrépitude morale et physique.
Moi-même.