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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Chronique d'un voyage.

Publié par konrad sur 27 Juin 2025, 12:13pm

Catégories : #Ma prose en 2025

Photo perso.

Photo perso.

 Voilà quatre ans que je vis dans mon fourgon. Été comme hiver, qu'il pleuve ou qu'il neige, j'habite dans un fourgon aménagé tout confort. J'ai une douche, un WC de marque Trobolo - séparateur des liquides et des matières, ce qui réduit à néant toutes les odeurs fétides - un chauffage Truma qui pulse de l'air chaud ou chauffe mon eau sanitaire. Celui-ci fonctionne au gasoil, directement depuis mon réservoir. J'ai une batterie annexe qui me permet, grâce à un convertisseur, de générer du courant 220 volts pour charger ma batterie d'ordinateur, mon rasoir ou en 12 volts, mon téléphone grâce à des prises USB. Cela me permet aussi de gérer mon frigo Dometic et ainsi d'avoir toujours une bière au frais.

 Je suis donc dans un espace modeste, certes, mais bénéficiant de tout le confort nécessaire. Je peux donc aller où je veux en totale liberté si tant est que je respecte l’environnent. Après quatre ans quel bilan puis-je tirer ? Je ne sais trop, c'est à la fois trop tôt et trop brouillon parce que je ne sais pas encore totalement ce qui m'a fait prendre cette voie. Certes un désir de liberté, une envie de s'affranchir des limites, un besoin de minimalisme et un rêve d'aventure. Si tout cela a un fond de de vérité il n'en demeure pas moins que des raisons plus souterraines ont œuvré à ce projet. L'une d'elle, assurément, a été de me fuir, d'échapper à la tyrannie du moi, un moi chiant tournant sans cesse autour de lui, habité de pensées compulsives et de pulsions sans queues ni tête. Toujours est-il que mon moi n'a pas disparu ni ne s'est épuisé à me suivre. Pire, voulant le fuir il s'est renforcé par un défi infantile de faire le contraire de ce que je voulais. Il m'apparait que le moi dont je parle est aussi moi. Pour être clair, moi est mon ego, tandis que moi est ma "véritable nature". 

 Donc, me voilà toujours plongé dans l'expectative métaphysique, qui suis-je, où vais-je, que faire ? Telles sont les questions sans réponses. Néanmoins je roule, c'est ma forme de méditation, sans destination préalable ni projet défini. Je ne suis pas "punk à chien", ni "routard", ni "van-lifer", tout juste un "marginal" qui ne sait pas trop quel est le sens de cette histoire. Je ne cherche pas le "spot" idéal ou l'arrêt photogénique. Un parking me suffit, une place dans une rue ou un coin vert me satisfont, mon exigence est toute relative et modeste.

 Je ne cherche pas la compagnie, je suis même un brin misanthrope et me contente de la politesse minimale pour rendre les rapports sociaux courtois et respectueux. Pourquoi est-ce ainsi ? Je me suis posé la question et je n'ai pas de réponse franche. Je me dis que c'est à la fois mon dharma, mon karma, ma destinée. Et ce flou conceptuel me satisfait tout à fait, cette indéfinition me correspond, il me semble suivre un "chemin", une "voie" déjà tracée, un itinéraire que j'arpente et que je découvre au fur et à mesure en me disant que ce n'est pas si mal que cela. Bien entendu il n'y a guère de grande surprise, d'aventures trépidantes ou de galère insolites, c'est plutôt le voyage de "pépère" au pays du troisième âge. Qu'importe dans le fond, il me correspond, il épouse ce que je suis plus que je le pense et cette insignifiance de vie me satisfait. Je suis une ombre de passage, un rêve qui se fond dans le paysage, une histoire sans importance...

Moi-même.

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