Seul dans ma citadelle ambulante, je laisse mon esprit vaguer dans son espace.
J’imagine croiser, au détour d’un chemin buissonnier, un Génie de passage. Celui-ci m’apostrophe cordialement et me confie qu’avant de retourner chez lui il doit se débarrasser d’un vœux qu’il veut bien m’octroyer.
Lequel désirer ? je réfléchis ; de l’argent, de l’amour, de la santé, de la célébrité, du succès, des pouvoirs ?…
Je décide finalement pour le don des langues.
Pouvoir parler toutes les langues et dialectes de la terre me plaît. Le Mandarin, l’Ourdou, le Farsi, le Swahili, l’Hindi…
Rencontrer quiconque et parler dans sa langue natale fait naître dans le cœur un mouvement de sympathie fraternel. Et n’est-ce pas jouir d’une grande liberté que de se sentir partout un peu chez soi ? L’étranger devient plus proche, car parler sa langue ce n’est pas simplement se comprendre c’est entrer dans sa géographie mentale, dans sa représentation du monde. C'est voir à travers ses yeux son idée de la réalité. Personne n’est indifférent à ce qu’un autre, aussi différent soit-il, parle la même langue. Personne ne peut vous dérober ce savoir ni vous jalouser de connaître sa langue natale.
Alors oui, ce serait un vœux à même de rasséréner mon esprit.
Moi-même.
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