Les bulles de savon que cet enfant s’amuse à tirer du chalumeau, sont dans leur translucidité toute une philosophie.
Claires, inutiles et transitoires comme la Nature, amies des yeux comme les choses, elles sont ce qu’elles sont, avec une précision rondelette et aérienne, et nul, même pas l’enfant qui les abandonne, ne prétend qu’elles sont plus que ce qu’elles paraissent.
Certaines se voient à peine dans l’air lumineux.
Elles sont comme la brise qui passe et qui touche à peine les fleurs et dont nous savons qu’elle passe, simplement parce que quelque chose en nous s’allège et accepte tout plus nettement.
Fernando Pessoa. Le Gardeur de troupeaux. NRF Poésie/Gallimard.
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