Il y a de la beauté partout, même dans le terrible. Au sein des ruines et des brasiers, des corps enlacés tremblants. Elle n’est pas à penser mais à voir, à voir sans penser. Partout elle se donne ; dans la tige de roseau que chevauche une libellule, dans l’écoulement placide du ruisseau, dans le rire d’un enfant ou le ciel en majesté.
Je la cherche car elle me délivre de la joie sans qu’elle demande rien en retour.
De plus elle apaise mon anxiété dans laquelle je m’égare tellement je prends au sérieux les histoires que je me raconte. Il n’y a rien de plus stupide que de croire à la fiction d’être quelqu’un et de se construire une identité autour de ce noyau vaporeux. C’est un fardeau que d’être en exil de soi.
La beauté n’a pas d’injonction, de morale ou de prescription, elle se donne sans retenue ni ostentation pour peu que mon attention soit délivrée de toute attente.
Elle EST. C’est moi qui l’oblitère lorsque je redeviens préoccupé.
Mais son silence me réconforte et m'inspire.
Moi-même.
/image%2F0587577%2F20260819%2Fob_6de2cc_alice-wellinger-20.jpg%26f%3D1%26nofb%3D1%26ipt%3D5ec69e572febc57e7c1425e28e0350b558095bfc1445cd99c00b8fad48011e24)