De même que la carte n’est pas le territoire, le web n’est pas la réalité.
Si internet est un formidable outil d’échange d’information, de partage des idées, de transmission des savoirs, il n’en reste pas moins qu’un outil.
Qui sert à mettre en scène une mise en image de soi, une représentation, autrement dit une partielle.
La place qu’il prend tend à détrôner celle que tenait, et tient encore, la télévision dans son monopole à détenir la " vérité ".
Un des attributs de son succès tient à la facilité avec laquelle on obtient une réponse à toute question.
Cette facilité, si elle a quelque avantage, a pour conséquence d’oblitérer tout travail d’analyse, d’investigation, d’introspection nécessaire à l’établissement de la " lumière ".
D’autant qu’en nombre de domaines ce n’est pas tant la réponse à la question qui importe que le chemin parcouru pour y parvenir.
Une autre conséquence qui apparait lors de débats sur certains forums, est la logique binaire, précisément celle de l’ordinateur, qui conduit à adopter des raisonnements à " tort ou à raison ".
Disparaissent la réflexion, la complexité, la nuance, la pertinence, l’argumentation, ne reste bien souvent que des simplifications, des controverses autour de positions radicales pour ou contre.
Chacun affirme Sa vérité et sa prétention à la détenir comme une citadelle inexpugnable.
Fleurissent alors le meilleur et plus souvent le pire ; les légendes urbaines, les rumeurs, les bidouillages et autres " hoax ", qui sont autant de virus pour la pensée dont il faut se prémunir.
Mais le plus étonnant des paradoxes n’est-il pas cette prétention à l’avènement de la communication derrière un clavier et un écran ? À l’isolat dans une vie " virtuelle " ?
L’information conduit-elle à la connaissance ? Fait-elle de nous des êtres accomplis ? Autant de questions qui restent en suspends.
Quand on sait que plus de 60% de la communication est non-verbale, c'est-à-dire qu’elle passe par le corps, les gestes, les attitudes, les inflexions de voix, tout ce qui échappe au seul langage, à l’écrit, donc à la machine, on mesure la distance entre le virtuel (qui existe en potentiel, en puissance et sans effet actuel) et le réel.
Il ne s’agit pas de porter un avis négatif sur internet, c’est un fait incontournable et un acquis considérable, mais c’est un moyen et non une fin, une possibilité de s’ouvrir aux autres et de partager ses opinions dont le seuil est précisément sa limite, virtuel.
Pour parvenir à la pleine réalisation il faut un acte qui nécessite la mise en mouvement du corps.
J'entends par " corps " tous les attributs physiques, sensibles, énergétiques, affectifs, émotifs, spirituels,
mentaux.