Nous croyons penser par nous-mêmes alors que la majeure partie de nos idées ne sont que des représentations héritées de notre culture.
Selon que nous soyons fils de bourgeois, d’intellectuel, d’ouvrier, d’artiste ou d’aristocrate, nous n’avons pas les mêmes représentations sur le monde.
Au XVIIIe siècle, par exemple, le " peuple " n’est pas un phénomène social mais un fait de la nature voulu par la providence.
On nait pauvre par un arbitraire divin, une disgrâce qui vous assigne à un statut de classe.
Il n’y a pas d’individus, d’hommes ou de femmes dans le peuple, seulement des masses, des groupes, le plus souvent en émeutes.
Cet ordre social a évolué, fort heureusement, et la hiérarchisation s’est déplacée de la providence divine à la valeur morale des individus.
Cependant les représentations ont la vie dure et au moment où " l’ascenseur social " est en panne ont voit ressurgir les mêmes explications qui stigmatisent les pauvres et les rendent responsables de leur situation.
Aujourd’hui il est temps de revoir nos représentations avec lucidité, toutes nos représentations sans exclusives, de les regarder avec un esprit éveillé et novateur, à la lumière des recherches sur les facultés cognitives, et des avancées en sciences humaines.
Repenser le monde dans sa totalité en intégrant tous les aspects de la nature humaine, sans en omettre aucun, se resituer dans ce monde en évolution dans lequel chacun a sa place.
Une place qui n'est pas liée à la classe ou à l'origine, mais à la valeur "spirituelle" (dont la signification
transcende et inclue toutes les autres valeurs), déployée par l'individu.
Voilà l’enjeu auquel nous convie le XXIe siècle.