On parle beaucoup d’éveil impersonnel, d’approche non-duelle, de désidentification. . .
Dans ces voies il y a la méthode, la non-méthode, l’absence de méthode. . .
Mais l’éveil c’est quoi ?
Un discours, une tautologie ?
A lire et à entendre certains, l’éveil semble être confiné dans une sphère intellectuelle.
Le propos est bien rodé, tout d’équanimité, paisible, désaffecté, insipide, comme s’il restait en surface d’une réalité beaucoup trop complexe.
Il me parait manquer d’une certaine profondeur, d’une radicalité existentielle qui en garantirait l’authenticité.
Serait-ce qu’il y a différents stades et types d’éveil ?
Qui soit différent selon que l’être est touché dans son intellectualité ou son affectivité ?
A la sphère éveillée correspondrait un type de discours particulier ?
Ils ne manquent pas d’arguments ni d’intérêts, vrais et pertinents, simplement j’ai le sentiment qu’ils restent en retrait de l’enjeu de l’incarnation.
C’est tout à fait subjectif, mais quid du monde de la vitalité, de la puissance, de la dureté, du mal et de la mort ?
Et comme "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas " quid des sphères subtiles et spirituelles, de ces dimensions de l’être connectées a l’Absolu ?
Le sujet est rarement abordé voire envisagé ou seulement du bout des lèvres, alors qu’il me parait que les racines de l’être plongent profondément dans ces couches d’humus.
Hors, comment parvenir à un éveil total de sa nature sans avoir extrait sa racine terminale encastrée dans la matière, et cela sans la couper ?
Pour peu que l’on soit un peu percipient il apparait que lorsqu’on désire s’élever, une partie de soi est tenue, agrippée dans l’inertie et la condensation de la matière.
Et pour sortir de ces couches le discours sur l’éveil prend une toute autre tonalité.