Le monde change, c’est une évidence à laquelle nous ne pouvons nous soustraire.
Un chiffre éloquent qui à lui seul résume les enjeux auxquels nous sommes confrontés.
En 1950 la population mondiale était d’environ 2,5 milliards d’individus.
En 2010 elle est estimée à 6,5 milliards et les démographes envisagent que nous serons 9 milliards en 2050.
Comment allons-nous vivre ensemble ?
Sommes-nous capables de relever ce défi et de dépasser nos égoïsmes ?
D’accepter l’autre dans sa différence, fut-elle à l’antipode de nos conceptions ?
D'autant plus si cet autre se joint à notre table ?
Rappelons-nous qu’humanité et humilité ont la même racine latine : humus, la terre.
La mutation ne va pas aller de soi.
Toutes les tentatives d’explication du monde avec les vieux outils conceptuels sont vouées à l’échec.
Car il ne s’agit pas d’une révolution idéologique, politique, économique ou philosophique à laquelle nous sommes conviés ; c’est à une mutation intérieure totale.
A un changement de paradigme tel qu’il est comparable à la naissance d’une nouvelle espèce.
Passer de " l’homo matérialus " à " l’homo cosmicus ".
C’est cela qui nous fait peur, cette sensation que quelque chose change inexorablement sans que nous percevions encore à quoi elle abouti.
Dans cet état intermédiaire où l’on est déjà plus comme avant sans être tout à fait achevé, on est nu un peu fragile et la tentation est grande, au milieu du gué, de désespérer et de céder à cette peur du changement qui peut devenir panique.
Nous sentons bien intuitivement que nous allons devoir abandonner quelque chose qui ne peut plus suivre, quelque chose de radical de profond, de déterminant.
Ce sentiment vertigineux ne doit pas conduire à nous laisser aller mollement à la dérive porté par ce courant, mais au contraire à résister afin que toute notre "humanité" ne sombre dans cet humus duquel elle a eu tant de mal à extraire son âme.
Il va nous falloir faire preuve d’imagination et d’audace pour réinventer le monde.