A la question qui suis-je ? Question que je me suis mainte fois posée, j’ai trouvé la réponse la plus satisfaisante sous la plume de Rimbaud : " Je est un autre ".
J’ai bien quelques intuitions sur ce qu’est cet "autre", mais la formule a ceci de réjouissant qu’elle laisse libre court à chacun de l’interpréter selon son imagination et sa conscience.
Parce que je suis un être contradictoire, un peu velléitaire, je ne peux me résoudre à m’enfermer dans une catégorie au risque d’être infirme d’une partie de moi-même.
Je trouve du plaisir dans les moindres choses, j’entends le cri des mouettes et voilà que résonnent les aventures d’Ulysse et des Argonautes qui m’invitent à prendre le large.
Le cri des corbeaux et me voilà plongé dans une mélancolie automnale que la plaine qui s’étale devant mes yeux ne borne que de quelques peupliers, sentinelles d’un royaume dépeuplé.
Mon âme se laisse porter par ces vagues jusqu’à des destinations méconnues, sources de découvertes insolites.
C’est qu’être interprète n’est pas chose facile.
Il ne s’agit pas d’artifice ni de simulacre, il ne faut rien retrancher que ce soit de la douleur ou de la souffrance, de la joie ou du bonheur que ne manque pas d’occasionner un tel rôle.
L’intention de "l’autre" ne se révèle qu’en des circonstances qui échappent bien souvent à la raison.
Il faut avoir un peu de sa désinvolture pour ne pas se prendre au jeu de la gravité.
Créer dans l’enfance de l’art sans craindre l’enthousiasme que peut faire surgir le dieu qui s’y cache.
Voilà pour moi la piste à défricher, la sente à explorer, mettre en forme une idée et " idéifier " la forme afin de retrouver l’unité primordiale qui irrigue la création entière.