Au moment où le jeune homme sort, tout sourire, en brandissant triomphalement son objet fétiche, on apprend que plusieurs ouvriers chinois se sont suicidés dans l’entreprise où est fabriqué le iPad.
Les images nous montrent une promotion savamment orchestrée, où le désir de posséder le dernier objet à la mode est mis en scène selon le schéma d’un orgasme.
Attente, excitation, entrée sous les applaudissements d’une haie de vendeurs et enfin obtention de l’objet du désir.
Mais ce n’est pas un film.
De l’autre coté du miroir, dans le réel de " l’horreur économique ", les esclaves des temps modernes se tuent à la tache.
Horaires démentiels, salaire de misère, conditions de vie insupportables, toutes situations inacceptables dans nos sociétés. Et pourtant. . .
Cette jouissance obscène de l’avoir, érigée en modèle, cherche à se construire sur les cendres de l’être en détournant le désir de son cours normal vers la satisfaction immédiate de ses envies.
Cela ne peut qu’engendrer haine et violence, car dans ce jeu tout le monde se fait avoir et personne n’aime cela.
C’est aussi la réalité de notre monde.