Aujourd'hui ma satisfaction est d'être arrivé à rien !
Demain il en sera autrement...
Mais aujourd'hui, arriver à rien c'est le rôle que je tiens.
Un rôle dans lequel je me débarrasse de tous les précédents rôles afin d'atteindre une sorte de vacuité. Un vide dans lequel apparemment rien ne se passe, sinon les signes élémentaires d'une vie organique, mais au sein duquel tous les potentiels se combinent en d'infinies possibilités dont on devine qu'une infime fraction seulement émergera de cette soupe primordiale. On ne sait rien de ce qui apparaîtra, sinon qu'il faut être prêt, être capable d'embrasser l'inattendu qui peut mener à tout dans une égale liberté.
Reconnaître cette liberté absolue au sein de la limite de son propre corps.
Percevoir que tout est bon même l 'état de pauvreté dans lequel on est plongé.
Toute la difficulté du rôle c'est d'y croire suffisamment sans oublier que l'on joue.
De même que l'on a joué enfant à l'innocence puis successivement les rôles que la vie vous a prêté ; adolescent rebelle, poète idéaliste, travailleur pauvre, voyageur impénitent, rêveur, mystique. . . vanités.
Je porte un regard bienveillant sur ces rôles y compris ceux incertains et gauches qui m'ont permis d'apprendre le métier.
Aujourd'hui je dois oublier tout ce que j'ai appris pour appréhender ce nouveau rôle.
Un rôle de composition ?!
