Prélevé sur Lundimatin. https://lundi.am/
Le président communiquant, debout, droit dans ses bottes, décline ses vœux qui annoncent l'amertume des jours à venir. A-t-il réellement entendu la profonde colère des gilets jaunes ? Je ne crois pas et je pense qu'il s'en fout.
L'image, debout, confiant, volontaire, est une mise en scène destinée à réaffirmer son autorité et asseoir sa stature de président sérieusement mise à mal ces dernières semaines.
Il y a un coté pathétique, pour ne pas dire ridicule, de voir un président si malmené, si bas dans les sondages, faire comme si de rien n'était et poursuivre dans une voie qui conduit inévitablement à durcir et renforcer la contestation sociale. Probablement, que face à de tels vents contraires, il n'a guère d'autres solutions, sinon démissionner. Non pas sous la pression des gilets jaunes, mais par lucidité. Il confirme de façon évidente que nous sommes au bout d'un système politique qui ne peut plus laisser un homme seul diriger le pays. (La question subsidiaire de la représentativité est au cœur des réformes institutionnelles à envisager.)
Celui-ci se prévaut d'avoir été légitimement élu pour appliquer son programme pendant son quinquennat. C'est exact, mais rappelons tout de même que s'il a fait un score de 66 % au deuxième tour de la présidentielle c'est avec un taux de participation de 44 % des inscrits sur les listes électorales. Ce qui fait 21 millions de voix sur un total de 46 millions de votants. Rappelons aussi le taux record d'abstention, plus de 25 % et de votes blancs ou nuls, 11,5 %.
Pour finir, combien, comme moi, ont voté Macron non pas pour son programme mais pour ne pas voir Marine le Pen présidente ? Avec tout cela il est difficile de se targuer que l'élection donne mandat et carte blanche pour faire ce que l'on veut. Beaucoup ont le sentiment que quelque chose est biaisée et ne correspond plus à l'air du temps, d'où cette colère exprimée à l'encontre du président.
Un autre point me questionne. On a justifié les hausses de taxes sur le diesel par un souci écologique. Ce faisant on a ignoré le kérosène des avions, le fioul lourd des bateaux et quid des poids lourds. Seul le pékin est concerné.
Mais au-delà de cette mesure, je relève une contradiction. Comment peut-on mettre en avant l'écologie tout en perpétuant la vénération du taux de croissance, du PIB, de la consommation, de la compétitivité et du pouvoir d'achat ?
A mon avis les enjeux écologiques ne se régleront pas avec des mesurettes. Ils demandent un changement de paradigme, voire de civilisation. Et il n'est pas certain que nous y soyons prêt.
D'ici là, le malaise perdure et l'abcès risque d'être douloureux à crever.
Moi-même.
(Gilet jaune sur le tableau de bord.)