L'homme politique, de pouvoir, est vaniteux. Il doit plaire, séduire, sourire. Pour cela il se construit une image, il se raconte une histoire qui, croit-il, doit plaire au plus grand nombre. Cette image traduit une idée, elle est une fabrication forcément trompeuse car dénaturée.
S'il s'affiche tel qu'il se pense correspondre à son public, il risque l'indignation de son imposture. Regardez-moi sur la photo avec ma charmante femme que j'aime et mes bambins adorables. Nous sommes comme vous une famille heureuse, épanouie et parfaitement convenable. Mais tout cela n'est qu'une image, une falsification de la réalité et lorsque le masque tombe l'image se décompose en grotesque.
La tromperie est étalée au grand jour, les pudibonds s'offusquent, les cyniques se gaussent, les "amis" s'affligent, les autres s'en fichent. Mais l'affront est fait et la vindicte lâchée. C'est que personne n'aime être trompé et ce n'est pas tant l'acte en lui-même qui est reproché que le sentiment d'avoir été berné. C'est l'incohérence même, l'insincérité qui est coupable. Et le pire c'est que le candidat lui-même cède à cette pudibonderie. Il ne se reconnait pas dans sa réalité et se renie lui-même. Comble de détresse et d'affligeance. Ses "amis" auront beau louer son "courage" dans la fuite, pitoyable défense et détournement honteux du sens des mots, le renoncement se passe de commentaire.
Que ceux qui briguent un mandat soient un peu plus honnête, cohérent, sincère et ils auront moins de chance de passer sous les fourches caudines de "l'opinion publique" prompte à se délecter de la moindre suspicion.
Mais n'est-ce pas trop demander à des gens aveuglés par la nature corruptrice du pouvoir ? Les sirènes de la jouissance que procure le pouvoir ont des chants enivrants et charmants qui savent toucher l'homme dans ce qu'il a de plus fragile et d'incertain. Tout pouvoir repose sur un fond de malignité.
Moi-même.
