Je ne dors que pour rêver, et je ne m’en prive pas.
Tous les songes, sans exception, du plus subtil et spirituel au plus sombre et menaçant.
La gamme est étendue, je suis servi de l’inattendu, du récurent, du fantastique et du trivial.
Chaque soir avant de m’endormir je me répète qu’il faut que je me rappelle de mes rêves au matin.
Et ça marche, tant et si bien que parfois dans le rêve je sais que je rêve.
Le matin je les savoure, je m’en imprègne afin d’en saisir le sens s’il y en a un, puis les laisse aller où bon leur semble.
Dernièrement j’étais plutôt abonné aux cauchemars, des présences que je devinais aux intentions sournoises semblaient me tourner autour dans des endroits clos, renfermés et sombres.
Ils étaient si " réels " qu’une angoisse oppressante me réveillait en sueur.
C’était particulièrement pénible et terrifiant.
Un matin après l’un de ces épisodes je me suis pris à penser que la prochaine fois je tâcherais de ne plus avoir peur.
Voilà que la nuit suivante je redémarre sur une de ces rencontres nauséabonde, sans le vouloir, mais à peine la scène se met en place que je me réveille subitement.
Je sens la nécessité de me concentrer sur mon père spirituel, comme pour m’extirper de cet envoutement qui me guette.
Ce n’est pas facile, le demi-sommeil dans lequel je suis ne m’aide guère à me concentrer, de plus j’ai toutes sortes de pensées futiles qui me traversent la tête.
Je reviens sans cesse établir le contact avec la présence bienveillante de l’esprit supérieur.
A un moment donné, brusquement, je ne sais si j’entends ou si c’est une pensée ; Non !
Un non impérieux, catégorique, sans appel.
Sans doute possible cela s’adresse à ces succubes qui me tourmentent.
D’ailleurs à l’instant où ce non résonne, le silence s’installe, toute peur, tout sentiment étouffant s’évanouit comme par enchantement.
Une fois bien réveillé j’eus le sentiment curieux d’avoir assisté à une leçon magistrale dans laquelle je me sentis à la fois témoin et participant.
Face à certaines situations il n’y a pas à tergiverser, seule une limite ferme et résolue permet de tenir à distance ces entités déplaisantes.