(Wassily Kandinsky)
Elles affleurent sur le terrain des émotions et des affections.
Au gré de mouvements d’humeur tectonique échappant à la raison, elles dessinent en lignes courbes ou droites, en failles ou en abîmes, une géographie des sentiments insolite.
Les cicatrices de l’âme, gravées dans la chair tendre de l’innocence, laissent une trace qu’aucun expédient ne peut totalement effacer.
Invisibles au premier regard, l’œil averti les décèle dans une imperceptible gaucherie de l’expression corporelle, dans un ânonnement de la sensibilité et une claudication du sens.
Ce coin fiché dans le terreau de la candeur autour duquel la psyché a tissé sa nacre, entrave l’élan tel un papillon épinglé sur le carton.
Irréductible aux explications et aux consolations morales, étranger à toutes ratiocinations, il révèle la disgrâce que peut prendre l’existence.
L’être affublé d’une telle infirmité sait ne devoir qu’à la création la possibilité de voir s’épanouir la beauté résiduelle.
Car au sein même de l’infamie et de l’abomination quelque chose résiste, qu’il convient de chérir.
Quelque chose qui n’a aucun nom et qui n’apparait que dans le silence.