Sur les cadavres d’oiseaux morts planent les augures d’apocalypse.
Ils fondent en nuées d’hypothèses rapaces autopsier le malaise.
En ces temps de déréliction les nécrophages prophétisent, et dans le désarroi de leur funeste déraison, ils n’ont plus aucun regard pour le ciel.
Tous ces oiseaux morts, ce sont nos pensées pusillanimes, nos rêves timorés, nos idéaux ratatinés, qui manquant de vigueur n’ont pas l’élan nécessaire pour traverser l’ombre mortifère qui nous enserre.
Ces oiseaux jonchent le sol de nos âmes déshéritées par tant d’infertiles espérances.
La gravité rive nos envols sur le bitume de nos concepts étroits, la pesanteur aspire d’un souffle l’étincelle de nos sourires.
Si nous n’avons plus d’élévation, plus de légèreté, quel vent nous intimera le rythme de nos migrations intérieures ?
Quelle onde nous portera sur son aile vers l’astre désiré ?
Il est temps de rompre le cercle vicieux de nos attachements et saisir sur la plume du volatil le subtil symbole du détachement.