J’aime et je redoute ce qui s’annonce.
Tel un gros orage qui féconde le sol tout en le ravageant de sa brusquerie impétueuse.
J’aime, car nous ne pourrons plus tricher, ni faire semblant, ni nous cacher.
Nous serons mis au pied d’un mur qui réclamera un talent inné longtemps négligé dans les futilités.
Un appel à toutes nos ressources sans exclusives, un saut dans l’immensité d’un devenir inimaginable.
Je redoute car ce qui va lâcher sera bruyant, comme les amarres d’un bateau qui rompent sous les assauts furieux des vagues.
Personne ne veut perdre, fusse ses illusions, surtout ses illusions.
Nous concevons toujours de la honte à être nu, un masque pour jouer encore.
J’aime cet instant où le ciel se déchire laissant entrevoir un rai de lumière.
Ce qui s’annonce est déjà là, l’air est chargé de ses prémisses.