Le discernement, que beaucoup invoquent pour pallier à l’insuffisance de leur réflexion, peu le convoquent dans leurs arguments et analyses.
C’est que l’exercice est difficile, voire austère.
Il implique de se placer à la distance adéquate pour bien appréhender le sujet.
Ni trop près car alors on se perd dans les détails, ni trop loin car alors on n’en distingue plus les contours.
Il est nécessaire de partager une certaine proximité avec le sujet, de l’apprécier sans arrière-pensées ni passion excessive.
Entretenir une intimité propice à l’émergence du "secret", sans omettre d’aimer, car on ne peut bien comprendre sans aimer.
Discerner c’est autant affaire de raison que de sensibilité, d’intellectualité que de perspicacité, d’intuition que d’inspiration.
Travail exigeant qui s’applique d’abord à soi, véritable ascèse qui conduit à se voir tel que l’on est.