Que sommes-nous devenus ?
Toi mon frère, ma sœur, compagnons d’aventure et d’enchantement.
Nobles et fiers nous fumes il y a peu, hier encore, enthousiastes et intrépides.
Ecrivant sur le ciel, en lettres flamboyantes, nos testaments audacieux.
Portant haut la vérité dont nous étions les hérauts.
Funambules d’une vie astronomique, franchissant les abimes avec la grâce des anges,
Nous tutoyions les dieux.
Que sommes-nous devenus ?
Élimés sur le fil des jours nos rêves se sont effilochés sur les barbelés du réel.
Peu à peu la mondanité a recouvert nos manières.
Nous avons troqués notre quête pour des certitudes rassurantes.
Notre verbe est devenu litanie, notre adoration idolâtrie.
L’initiation a laissé place à l’enseignement.
Que sommes-nous devenus ?
Nous avions cru posséder quelque chose
Mais nos mains n’ont retenues que le vide.
Cette cruelle affliction nous rempli d’amertume.
Quel malentendu sur le devenir nous a échappé ?
Ce rien qui nous échoit n’est-il qu’une ironie, une farce, un sort ?
Que sommes-nous devenus ?
Notre regard, trop absorbé par le dehors, ne voit que ce qu’il pense perdre sans jamais percevoir ce qu’il gagne.
Nous renonçons tandis qu’il nous faut dépasser.
Des débris de nos désillusions il y a toujours matière à créer de nouvelles espérances.
Chacune de nos illusions n’est qu’un voile qui recouvre notre liberté.
Que sommes-nous devenus ?
Voilà qu’il ne faut jamais cesser de vouloir.
Mon frère, ma sœur, écoute le ciel, regarde le vent, sent la plénitude !
Eprouve la joie simple d’exister.
Contemple cet absolu qui t’enveloppe et te contient.
Et redécouvre l’innocence en ton âme.
Moi-même.