Il y a un moment où pas tout à fait réveillé on sait que l’on rêve. . .
La présence n’a pas encore totalement basculé dans la veille et flotte librement dans cet espace léger et aérien.
Elle s’étire et se meut dans cet intervalle gracieux entre deux états ; simultanément : le rêve et l’idée de la réalité.
Puis inéluctablement la conscience de soi se glisse dans le corps, à la façon dont on enfile un costume.
Immédiatement les pensées concrètes du quotidien affluent et préoccupent tout l’espace de l’attention.
C’est presque un choc. On sait, sans aucun doute possible que l’on a intégré la part tangible du réel.
Ce passage tout à fait extraordinaire où l’on voit le rêve s’évanouir comme une brume, sans possibilité de le retenir.
Le voilà qui s’efface lentement, se repliant dans son espace pour ne devenir qu’un souvenir, une trace improbable.
On sait que l’on était réellement dans le rêve parce que maintenant on sait que l’on est dans la réalité.
L’on était en apesanteur et nous voilà dans la pesanteur.
Visages du Réel qui prend les formes de ses attributs, passant de l’un à l’autre avec l’aisance d’un Dieu qui se sait partout chez lui.
Tout est vrai !
Il n’y a plus de discontinuité, rien que la grande unité du monde dans laquelle le visible n’est que l’écho de l’invisible.