Matt Cole. Photographe.
Il aura fallu attendre que les cendres du non-évènement de la fin 2012 retombent pour voir l’état des lieux.
C’est dorénavant un territoire vierge qui s’étend à l’infini, débarrassé de toute superstition, de toute affliction et de prédication mortifère.
La vastitude du rien est édifiante.
Sur ce sol nu, mais pas désert, on retient son souffle.
Le regard porte sur l’horizon une acuité décuplée, tant ce paysage est vu pour la première fois.
Il balaie l’immensité qui s’offre tel un joyau de pures potentialités.
Mais par où commencer ? Quel chemin prendre ? Y a-t-il même un chemin ?
Troublante impression, sentiment euphorique et vertigineux ; est-ce ainsi la liberté ?!
Rien ne vient solliciter un quelconque empressement.
Alors avant tout, éviter de saloper le paysage en remplissant compulsivement l’espace de choses vaines.
Ou d’y déposer ses ordures tel un animal marquant son territoire.
Que dessiner sur cette page vierge qui ne soit pas arrogant.
Quelques mots lancés au loin pour rappeler où l’on va.
Authenticité, simplicité, intégrité, fidélité. . .
Et la joie curieuse de se découvrir.