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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Analyse.

Publié par konrad sur 14 Mars 2012, 07:08am

Catégories : #Ma prose en 2012

La plupart des gens qui développent des discours sur le bien-être on des arguments recevables et légitimes.

Dans ce monde bousculé et intrépide ils sont pour la paix, l’harmonie, l’équilibre, le respect, l’entente.

Ils défendent des valeurs morales de bon sens auxquelles chacun adhère de bonne foi.

 

Mais les exemples qu’ils prennent pour justifier leur position sont souvent empreints de cette bonne conscience qui à force d’être revendiquée, trahi un égoïsme profond.

Ils ne sont bien que dans les situations où ils sont en accord avec eux-mêmes, où rien ne vient perturber la perception narcissique de leur épanouissement.

Leur quiétude n’admet l’autre qu’à la condition qu’il soit le même, c'est-à-dire qu’il pense et s’exprime en terme analogue sans rien provoquer de dérangeant.

Aussi, dès que l’autre sort de cette condition et montre sa différence il devient le bouc-émissaire qui rompt l’harmonie, le coupable qui détruit l’équilibre.

Il devient alors nécessaire de l’évacuer sous peine de voir la discorde s’installer.

 

Cet entre-soi qui peut être fondé, on est mieux entouré d’amis que d’ennemis, lorsqu’il devient un dogme fini par créer une situation qui tourne en rond et stérilise toute créativité.

 

Ce que cache cette attitude, et qui curieusement apparait alors même que l’on tente de défendre le contraire, c’est la peur de perdre ce que l’on pense avoir acquis sans l’avoir vraiment conquis.

Cet autre, dont on peine à reconnaitre qu’il y a un peu de soi chez lui, inspire la crainte qu’il révèle que l’image que nous avons forgée de nous-mêmes ne soit qu’un simulacre.

Tout l’édifice patiemment construit risque alors d’être ruiné et l’entreprise de valorisation mise à mal. 

 

Cela révèle aussi un malentendu et un déni sur les pulsions qui agitent l’être humain.

Le thuriféraire du bien-être n’accepte que les forces célestes seules dignes d’intérêt tandis que les forces telluriques sont refoulées dans les abysses de l’inconscient.

Il oubli que le galet dont il fait abondamment l’éloge et l’analogie avec sa propre nature, a subi les assauts répétés de la mer et les chocs successifs sur les autres galets.

Il omet de dire que la plante a non seulement besoin du soleil pour croitre mais aussi des sels minéraux contenus dans la terre.

 

Bien sur il ne s’agit pas de chercher à tout prix la confrontation pour tenter de se valoriser et devenir une sorte de guerrier pourfendeur de concepts.

Mais de reconnaitre que : " Tous les hommes sont faits du même limon, mais pas du même souffle. " Raïssa Maritain.

Reconnaitre par quel souffle nous sommes portés ; une brise, un zéphyr, un blizzard, un Alyzée, une bourrasque, un ouragan . . . ?

Tous ne sont pas d’égale intensité et conséquences et c’est par une lente, habile et prudente reconnaissance de ces jeux que l’on apprend à discerner ce qui œuvre dans l’athanor du vivant.

 

Plutôt que repousser instinctivement ce qui bouscule et se replier sur soi, il convient de regarder ce qui s’agite en soi et pourquoi ?

L’autre dans sa différence peut apporter un élément indispensable à notre croissance, nous apprendre un aspect inconnu, nous offrir un point de vue original à prendre en compte, une critique constructive et évolutive, révéler une faille, réveiller un enthousiasme. . .

Parfois nait une vérité d’une contrariété et sur le fumier éclot la rose.

Rien n’est caché dans ce qui apparait, tout est là, il suffit de voir et d’entendre.

Mais cette attention est un effort exigeant, difficile à soutenir, c’est pourquoi bien souvent nous préférons rejeter sur l’autre la part qui nous accable sans pour autant nous en délivrer.  

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K
Merci Koura Koura de cette nuance.<br /> Le haïku saisie comme une intuition et une expérience ?<br /> Une fulgurance de la pensée.<br /> Vous me donnez une idée, aller marcher pour trouver l'inspiration.
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K
Il est possible d'en écrire!<br /> Il y a dans le haïku une pensée qui n'est pas "assise" à la table de la réflexion mais qui se fonde sur la perception de ce qui se passe en soi quotidiennement à travers ce qui pourrait apparaître<br /> très anodin... cela se révèle précieux dès l'instant où les sens s'en emparent...<br /> C'est une pensée issue de la perception et non de la réflexion et cela me fait du bien!<br /> A bientôt...
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K
Tout à fait, Olivier, c'est probablement ce qui conduit à une spiritualité "dégradée".<br /> <br /> Koura koura, vous êtes en verve de haïku et sur ce terrain je ne saurais vous suivre, je manque de référence.
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K
Eh oui! c'est bien possible...<br /> <br /> Ainsi en ce monde<br /> au-dessus de l'enfer<br /> on admire les fleurs<br /> <br /> Issa
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O
Belle réflexion qui pointe là où cela fait si mal que l'on regarde ailleurs pour ne pas avoir à le traiter. La "quête spirituelle" est trop souvent le refuge de ceux qui cherchent à se protéger<br /> pour ne pas avoir affronter le poids du destin dont ils ont hérité...
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K
Très bien dit Oui, bravo Koura Koura.<br /> Et celui-ci, du même Issa, qu'en dites-vous ?<br /> <br /> "Un rossignol<br /> rinçant ses pattes crottées<br /> fleur de prunier."
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K
Le rossignol<br /> même sa merde dans du papier<br /> est enveloppée<br /> <br /> Issa<br /> <br /> Pas mal dit non?
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