Vlaminck.
Nous sommes atteints d’une crise de catastrophisme aigue.
Journaux télévisés, presse écrite, web, blogs, chacun ressasse et relaie à l’envie l’imminence de la fin, l’annonciation du big one tant redouté.
Tout est signe pour les devins de l’apocalypse, le moindre évènement fait sens pour ceux qui lisent dans la marre des conjectures.
Le pire est à venir selon leurs augures et à force d’incantations propitiatoires nous risquons bien de le faire advenir.
Mais avant que le chaos ne s’installe définitivement l’inquiétude se distille lentement et surement, inoculant du stress, de l’incertitude, de la désespérance.
Face à ce qui nous dépasse nous tentons de conjurer le mauvais sort en invoquant des boucs émissaires afin de nous donner l’illusion de maitriser la situation.
La faute à Dieu, à la religion, à la science, au matérialisme, à la démographie, au soleil, aux constellations, au
gouvernement mondial, aux illuminatis, aux petits gris. . .
Que faire face à ce déferlement de catastrophes annoncées qui nous confine à l’impuissance ?
Cultiver le désintérêt, l’indifférence, la mise à distance.
Car derrière l’écran de nos angoisses se cache la grande question que nous tentons d’éluder, celle de la mort.
Quoi qu’on n’en dise rien, c’est la seule, omniprésente, essentielle.
La seule chose dont nous soyons certains et que nous ne voulons pas voir.
Peut-être l’état du monde est-il le reflet de notre rapport à la mort ?
Ne sachant comment vivre, nous projetons hors de nous cette mort à laquelle nous ne pouvons nous résoudre et qui nous revient avec toute la violence du refoulé.
Pourtant c’est bien notre seule certitude, une partie de nous va finir, tout le reste n’est que conséquence.
Ce passage, duquel nous ne savons rien, reste un mystère qui nous échappe.
Accepter cette évidence nous permettrait de mieux vivre notre temps imparti dans l’incarnation.