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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Conjecture.

Publié par konrad sur 1 Juillet 2012, 15:30pm

Catégories : #Ma prose en 2012

Hier soir je discutais avec une vieille connaissance, un ami de longue date ; un original que les aléas de la vie ont conduit à mener une vie de marginal.

Un peu vagabond, un peu clochard céleste, un peu spirituel, un peu prisonnier des circonstances. . .

 

Un personnage qui à première vue repousse toute velléité de contact, il incarne quelque chose qui ne s’aborde pas avec légèreté et insouciance.

La dureté de sa vie a laissé une empreinte jusque dans son physique et son comportement témoigne d’une forme de violence qui le tient.

 

Si je parle avec lui c’est que je pressens que chacun de mes abandons est un pas qui me conduit vers sa condition.

Une idée superstitieuse ou une résonnance me fait apparaitre un peu de moi chez lui, un potentiel devenir selon une trame particulière.

Une sorte de secrète connivence s’établie entre ce qui apparait comme ses échecs et mes manquements, en sachant toutefois qu’il n’y a pas forcément de relation directe de cause à effet.

 

Je me contente de l’écouter, prenant une part minime d’une détresse qui ne semble pas l’affecter.

C’est probablement ce qui fait sa force face au désespoir, d’être à sa place d’une certaine façon et s’y tenir.

Sans maugréer contre le destin ou s’affliger d’un sort contraire, il résiste à sa manière aux contrariétés du monde.

Et ce, malgré l’antipode qui échoit de sa position.

 

Je l’écoutais me raconter ses tribulations et ses récriminations, puis après moult digressions il me lâcha une pensée en forme d’hypothèse : " Je suis peut-être plus heureux que toi "

Cette phrase eut l’effet d’un satori !

Oui, selon ses critères personnels, il peut se considérer plus heureux que moi.

Et je ne lui dénie pas cette idée.

 

Alors que chacun s’accorde à le considérer comme un sdf, comme quelqu’un qui a échoué et que la vie a déposé sur la grève de la misère, voici qu’il revendique son existence.

 

Comme il n’est ni idiot ni dupe, il sait que personne ne l’aborde " naturellement ".

Il décèle les arrière-pensées moralisantes, les comportements pétris de bonne conscience, les discours plein de jugement.

Quiconque s’approche le confirme et le maintient dans cette position humiliante de pauvre, de subordonné, de " raté ", de bouc émissaire.

 

Rares sont ceux qui le voient autrement qu’au travers du prisme de leur représentations, quand bien même il se complairait dans cette image, et qui osent dépasser les convenances et tentent de découvrir un peu de l’être qui apparait dans sa différence.

 

Ce que j’entends dans : " Je suis peut-être plus heureux que toi ", c’est que son existence n’est pas subordonnée aux idées que l’on peut avoir de lui, toutes distantes de sa réalité.

Sa vie a une valeur ; celle d’exister !

Peut-être suffit-il simplement de le reconnaitre, c’est déjà un pas.

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B
Bonjour,<br /> s'il y a bien une certitude, c'est que nous sommes faits de certitudes. Nous pouvons remplacer 'certitudes' par 'croyances', même pour un athée, car il nous est très difficile de concevoir ce qui<br /> soutend le monde, sinon par un système mécaniste. Mais ce système est à la fin des choses, et non à la base.<br /> Cela peut paraître farfelu mais la dimension climatique de notre crise, n'est pas le fait du bilan carbone de la fraise ingérée en hiver, mais plutôt de l'information ingérée (donnée, d'un point de<br /> vue méta) venant de l'hémisphère opposé. Cela revient à dire que le monde est porté par le verbe, et cela implique que dans un monde dualisé, il ne faut rien croire de ce que nous recevons<br /> littéralement mais de toujours chercher l'intention.<br /> Comprendre cela conduit à l'illumination ou provoque hélas des tentions psychologiques avec mon devenir, mon moi, mon chez moi...<br /> <br /> Cyril
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K
<br /> <br /> Votre commentaire est pertinent.<br /> <br /> <br /> Parfois le "principe de réalité" nous rappelle brutalement à lui. L'on mesure alors la distance entre l'intention et sa réalisation. Le chemin de la sagesse n'est pas de tout repos. <br /> <br /> <br /> <br />
C
ce texte me touche car moi aussi je sens une resonnance par rapport<br /> à mon devenir et je me dis que lorsque l'on a plus rien , pas même un toit , on se retrouve seul face à soi-même et ce n'est sans doute pas pire que de passer à côté de soi en se limitant à nos<br /> préjugés, nos peurs,nos lachetés etc...
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K
<br /> <br /> Claire,<br /> <br /> <br /> Faire face à soi-même, quelles que soient les conditions, est un exercice périlleux.<br /> <br /> <br /> <br />

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