Des islamistes intégristes détruisent des mausolées de saints musulmans à Tombouctou.
Aussitôt je repense aux talibans qui ont fait exploser les Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan.
Un point commun de tous les fanatismes est la haine de la culture.
Ces gens ne supportent pas l’histoire, l’art, la différence et sous prétexte d’un retour aux principes d’origine ils infligent l’archaïsme de leur pensée servi par une idéologie mortifère.
Ce qui provoque l’indignation c’est qu’ils commettent un acte sacrilège.
Ils s’attaquent à une forme de tabou ; on ne touche pas au sacré.
Quelle que soient ses croyances ou son absence de croyances l’être humain est sensible au sacré.
Il sent bien que celui-ci fait lien avec quelque chose qui le dépasse, qui le transcende.
Le sacré est un besoin nécessaire, il donne du sens et de la grandeur à l’existence, il offre de s’émanciper de son égoïsme en envisageant plus grand que soi.
Il ouvre une porte et une espérance sur l’infini.
Plus que jamais, au moment où se désagrège toutes les formes de sociabilité, nous avons besoin de sacré.
Paradoxalement, ces agents de destruction nous incitent par leur geste à la reconsidération urgente du sens de notre existence.
Chaque pierre qu’ils démolissent doit nous servir à reconstruire un édifice plus subtil à l’intérieur de nous-mêmes.
Chaque trou qu’ils percent doit être une occasion de faire entrer davantage de lumière dans le monde.
Leur saccage est celui d’un monde tel que nous l’avons connu qui s’effondre, qui fini pour laisser place à ce que nous devons imaginer.
Nous devons redevenir ce que nous sommes, des voyageurs cosmiques dont les temples ne seront plus de pierres et de sable mais d’amour et de conscience.