Tous ces livres, toute cette production d’écrits divers et variés, ne me rendent pas meilleur.
Il suffit de prêter l’oreille au crépitement des pixels, d’humer l’encre des bouquins pour sentir l’air du temps.
Que de maux sans consolation, d’idées sans pensées, d’incantations sans vision prophétique.
Tout cela coule sous mes pieds, indifférents, pour aller se jeter dans une mer de complaisance.
J’ajoute un peu de ma propre vanité dans le courant, que je regarde flotter et dériver sans regret.
J’aspire à la parole salvatrice, au verbe incandescent qui révèle le sens, à la verticalité de l’esprit qui prend corps dans mon âme.
Je sais qu'un tel mystère existe.
Proche, palpitant comme un cœur serein tapi dans l’apparence des formes.
Ma déambulation n’a d’autre quête que celle de déceler son silence dans le brouhaha confus de nos conformismes.
Dès que j’entends son souffle je me dresse immobile, extirpé de ma somnolence tous sens dehors, guettant invariablement l’écho de son appel.
A quelle aune se mesure pareille considération ? Pas à celle de mon érudition, je n’ai de culture qu’un maigre champ de connaissance.
Alors quoi ?! Quoi, mais quoi !!!
La simplicité de mon âme n’a-t-elle pas droit à l’exigence aristocratique de la vérité ? N’a-t-elle pas vocation à se hisser au-delà de l’indifférence et contempler la beauté ? N’a-t-elle pas mission de témoigner son désir d'élévation ?
C’est pour cette unique raison que j’écris ; " Pour prendre rendez-vous ".