Il est des évènements historiques si stupéfiants qu’ils nous laissent pantois.
C’est d’ailleurs cette imprévisibilité, cette soudaineté, cette éruption de forces qui écrit l’histoire et met à mal toutes nos théories et conjectures politiques.
La révolution tunisienne et le départ de Ben Ali sont de ceux-là.
Comment un régime dont on vantait la force et la stabilité ait pu s’effondrer aussi vite ?
Un pouvoir qui verrouillait d’une main de fer toutes les strates de la vie politique, économique, sociale, syndicale. .
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Un système inébranlable, que rien ni personne ne voyait disparaitre de sitôt.
Et pourtant ???
L’on sent confusément que toutes les explications avancées, aussi savantes et vraies soient-elles, ne suffisent pas à étancher l’ampleur du phénomène.
Quelque chose du mouvement de l’histoire échappe à notre contrôle et à notre entendement.
Cette secousse fait craindre qu’il y ait des répliques dans d’autres pays environnants.
C’est le signal d’une prise de conscience des populations qui n’en peuvent plus de voir les disparités insolentes s’étaler sans vergogne et les exactions criminelles de quelques uns au grand jour.
Chacun doit entendre dans les convulsions de ce monde malade, le cri d’espoir d’une humanité qui ne veut pas mourir.
Souhaitons que le pire, toujours probable en pareille situation, ne s’invite à la table des réjouissances.