Ceux-là même qui depuis des années et aujourd’hui encore pensent que tout va bien, avouent implicitement que rien ne change.
Leur discours se fonde sur le préjugé suivant ; le but, de quelque action, clairement défini est virtuellement atteint.
Dès lors qu’il est rendu potentiellement réalisé, il ne dépend plus d’aucunes conditions extérieures ni se s’en trouve affecté par celles-ci.
Tout au plus ces conditions jouent-elles un rôle, à la marge, de frein ou d’accélérateur du processus.
C’est ce qu’affirment nombre de traditions, il existe un centre fixe, un axe immuable, autour duquel tourne la création.
Un "Dieu immobile" autour duquel s’articule le mouvement continu de la vie.
Mais cet absolu est-il "en-dehors", différent, où est-il "participant" de ce jeu ?
Cette permanence qui est à la fois un but et une référence, nous la ressentons comme le principe émanateur de la vie.
De même que nous ne pensons pas, nous n’aimons pas pareillement à 20 ans, 40 ou 60 ans, de même cet absolu se montre et se dévoile, s’augmente et se clarifie au gré de la conscience qui l’observe et le réalise.
Sans cesse il se modifie selon que nous l’approchons ou nous en éloignons tout en restant paradoxalement le même.
Comme le dit un proverbe soufi : "L’eau prend la couleur de la tasse".
Et nous nous identifions à la tasse en croyant que le but est la couleur et que l’eau coule en dehors de nous.
Cette eau qui peut-être glace solide, liquide ou gazeuse est toujours de l’eau.
Et nous sommes constitués de plus de 65 % d’eau !
Nous avons donc un peu de la permanence en nous, qui se dévoile au sein de toutes les apparences.
Et c’est cette reconnaissance qui nous rend libre et joyeux.
Alors oui tout change, et c’est bien que tout change, car tout nous montre que les différentes apparences révèlent une seule et unique conscience dont nous sommes partie.
C'est le changement précisément qui est la clé et la condition de la conscience.
Comprendre cela conduit à la plénitude.