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Journal d’un Métaphysicien de passage.

Journal d’un Métaphysicien de passage.

Déambulations, soliloques, billevesées et autres histoires à dormir debout.


Un Joyeux Anniversaire.

Publié par konrad sur 8 Novembre 2011, 16:57pm

Catégories : #Ma prose en 2011

 

Tout a été organisé dans la plus grande discrétion depuis des semaines.

La salle, un restaurant cabaret, réservée, le choix du repas arrêté, le cercle des amis proches et lointains prévenu, la soirée ainsi que celle du lendemain organisée, toutes les dispositions sont prises.

On n’a pas tous les jours vingt ans.

Mais pour que l’effet de surprise soit total rien ne doit transpirer, le mot d’ordre est de garder le secret à tout prix.

Chacun dans la confidence répète son rôle et s’en tient à la conduite convenue, faire comme si de rien n’était.

 

Certes, la jeune fille se doute bien que son anniversaire sera fêté, elle avait elle-même organisé semblable évènement pour d’autre, mais elle ignore tout de son déroulement et de son ampleur.

Il s’agit de redoubler de précaution et d’inventer des arguments plausibles pour ne pas susciter d’interrogation.

Aussi afin de mieux préserver le mystère, ses amies conviennent de lui en divulguer une part ; un diner dans un restaurant que l’une d’elles vient de découvrir dans lequel travaille un charmant serveur.

Le stratagème suffisamment éloquent convainc la jeune fille qui voit ses derniers doutes s’évanouir, il y aura bien quelque chose d’organisé pour son anniversaire.

Sa curiosité ainsi satisfaite le montage peut continuer à s’échafauder en toute quiétude.  

C’est qu’il n’est pas aisé à mettre en place car il se déroule en trois séquences en des lieux différents et avec des invités eux-mêmes différents.

Autant dire que le gâteau est une pièce montée à multiples tiroirs et rebondissements.

Mais on n’a pas tous les jours vingt ans.

 

A mesure que le jour approche l’excitation monte d’autant qu’il reste des impondérables, des désistements, des retards et autres désidératas de dernière minute.

Il s’agit de rappeler ceux qui n’ont pas répondu, de prévoir un logement pour ceux qui viennent de loin, d’assurer les déplacements, de gérer les impromptus et de récapituler les dernières consignes.

C’est qu’organiser une telle fête avec plus de trente personnes venant de tous horizons, n’est pas chose facile.

Le tout en faisant mine de rien et en rivalisant d’ingéniosité afin que la jeune demoiselle ne soupçonne au détour d’un mot inopiné le signe fatal qui lui mette la puce à l’oreille.

 

Le jour J, tout est callé, minuté.

Chacun fait bonne figure mais bout de fébrilité. Les regards sont furtifs, les échanges lapidaires, les coups de fil brefs.

Ultimes consignes et rappel du plan. Elle va arriver du train à telle heure, sera à la maison à telle heure et en repartira une heure après, appelée par une amie.

Celle-ci s’arrangera pour la faire patienter le temps aux invités de rejoindre le restaurant à l’heure dite.

Pour ceux qui viennent en voiture il est demandé de se tenir discrètement dans une rue voisine afin de ne pas se faire voir, et pour ceux qui viennent en train d’éviter de se faire remarquer aux heures fatidiques où elle risque de passer.

Bon tout est en place, chacun sait ce qu’il a à faire. On croise les doigts et on s’en remet à la providence.

 

Et tout s’est déroulé comme prévu, la surprise a été totale, l’ambiance des plus conviviale et chaleureuse comme dans les contes de fées.

 

Cependant il s’est passé entre temps un évènement totalement fortuit et inimaginable.

Un de ces évènements tellement inconcevables que l’on peine à savoir par quelle main magistrale il a été provoqué.  

Alors que tout a été fait pour tenir le secret dans la plus stricte observance et les plus sévères scrupules, voilà que surgit l’impondérable, le prodige, le mystère dans sa magnificence.

 

Au moment où la jeune fille descend du train, tandis que tout le monde est suspendu à l’extrême attente du signal qui les délivrera, et marche en direction de la maison, elle croise accidentellement un garçon à vélo.

D’un trait du regard ils se reconnaissent. C’est une connaissance du collège qu’elle n’a pas revu depuis plus de cinq ans.

Il s’arrête et se rappelle de son nom.

Puis il lui annonce gaiement sans plus de précaution qu’elle va fêter son anniversaire en grand ce soir à tel restaurant, celui-là même dont ses copines lui ont parlé et dans lequel il travaille comme serveur, puisqu’il a vu une réservation à son nom.

C’est le choc. Une sorte d’hallucination, une disrupture dans l’ordonnancement des choses, une incompréhension telle qu’elle laisse sans réaction, abasourdi.

Que se passe-t-il pour que ce garçon rencontré par hasard, et jamais auparavant, lui parle à ce moment précis de son anniversaire ?

Que sait-il, lui le plus "étranger" de tous, qu’elle ignore et comment le peut-il ?

Par quel artifice, par quelles circonstances étranges un tel évènement peut-il s’immiscer dans la logique du réel.

Réalisant immédiatement sa bévue en voyant le regard interloqué de son interlocutrice il se confond en excuses désolées et repart aussi soudainement qu’il était venu.

 

On aurait pu croire que le mal était fait et la surprise éventée. Mais il n’en fut rien.

Cette apparition si surprenante soit-elle ne lui donna que la confirmation que ses amies avaient bien réservés une table pour la soirée.

Pourtant personne ne connaissait ce jeune homme ni ne l'avait rencontré et sa copine n'avait fait qu'inventer une "histoire" pour conforter le choix de ce restaurant réservé auparavant par les parents de la jeune fille.

 

Quelle étrangeté que de croiser au moment où l’on s’y attend le moins le dévoilement curieux de son destin ?

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K
<br /> Merci. J'ai essayé de rendre au plus "près" cette anecdote.<br /> <br /> <br />
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K
<br /> Magnifique! Quelle belle histoire!<br /> <br /> <br />
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